Tous les articles de la catégorie Travail

Un service public du rail       

Le conflit à la SNCF risque de durer tant il est emblématique pour les syndicats comme pour le gouvernement. Pour les premiers c’est leur représentativité qui est en cause, c’est-à-dire leur capacité à influencer le cours des choses et à maintenir les fameux avantages acquis. Pour le gouvernement, c’est Lire la suite…

Vous avez dit : « Raison d’être de l’entreprise » ?

En ayant pour titre : « l’entreprise, objet d’intérêt collectif », le rapport établi récemment par Nicole Notat et Jean-Dominique Senard à la demande de Bruno Lemaire, prend acte du fait que l’entreprise est un acteur politique.

C’est un acteur politique dans la mesure où elle salarie, dans un lien de subordination, des personnes Lire la suite…

Le travail domestique

Il n’y a pas de définition communément admise, ni nationale, ni internationale, du travail domestique. Je m’appuierai sur deux définitions : l’une restreinte (cuisine, ménage, soins matériels aux enfants, entretien du linge, gestion du ménage, accompagnement des enfants) l’autre plus large en rajoutant des activités plus proches du loisir (courses, jardinage, bricolage, jeux avec les enfants). Ces deux définitions sont utilisées Lire la suite…

Niveau de vie et temps de travail

Les Etats-Unis ont un PIB ou une consommation par tête supérieurs d’environ 30% à ceux de la France ou de la Zone Euro. Les Etats-Unis ont plus de ressources naturelles et les meilleures universités. Leur recherche scientifique surpasse celle de l’Europe et les très grandes entreprises dans les nouvelles technologies sont
américaines. On s’attendrait donc à ce que la productivité mesurée par le PIB par heure travaillée y soit supérieure et que la différence explique largement l’écart des niveaux de PIB par tête. Ce n’est pas le cas : la  Lire la suite…

Entreprise et bien commun

Tous les mois, retrouvez Pierre-Yves Stucki et sa chronique sur la pensée sociale chrétienne et l’actualité, au micro de Paul Keil sur RCF Jerico Moselle.

Chronique du 19 janvier 2018.

L’année 2017 a été marquée par la réforme du code du travail avec les ordonnances signées en septembre. En 2018, cette réforme se poursuit. Le gouvernement veut modifier « l’objet social » de l’entreprise. Il s’agit concrètement de compléter les deux articles du Code civil qui définissent ce qu’est une entreprise. Aujourd’hui ces articles limitent l’objectif de l’entreprise à l’intérêt des associés. Il est question d’y ajouter les autres parties prenantes : salariés, collaborateurs, donneurs de crédit, fournisseurs etc.

C’est dans ce contexte que le gouvernement vient de confier une mission à Nicole Notat, l’ancienne dirigeante de la CFDT, et à Jean-Dominique Sénard, le président du groupe Michelin. Le nom de cette mission, « Entreprise et bien commun », parlera évidemment à ceux qui sont attachés à la doctrine sociale. Lire la suite…

Des temps nouveaux pour la subsidiarité ?

Tous les 15 jours, retrouvez Pierre-Yves Stucki et sa chronique sur la pensée sociale et l’actualité, au micro de Paul Keil sur Radio Jérico.

Chronique du 4 juillet 2017.

 

L’interminable séquence électorale, commencée avec les primaires, s’est enfin achevée avec les législatives qui ont donné au nouveau Président une majorité qui pourrait faire pâlir de jalousie certains chefs d’état parmi les plus autoritaires. À charge pour lui désormais d’en faire le meilleur usage au service de la nation.

C’est peu dire que les attentes sont fortes. Les circonstances sont exceptionnelles, le sentiment de délitement des institutions est profond, comme en atteste l’abstention devenue majoritaire aux dernières élections. Dans un tel contexte, il faut espérer une action forte du nouvel exécutif, qui pour beaucoup, ne saurait prendre que la forme d’une volonté puissante, avec un mouvement impulsé d’en haut et s’appliquant à l’ensemble du pays – d’autant plus avec un président « jupitérien ». Nous avons en France une culture de l’État centralisé et une conception de notre République, « une et indivisible », où il ne saurait y avoir « deux poids et de deux mesures ». Lire la suite…

La croissance

Par Paul Champsaur

L’histoire économique de l’après-guerre décrit l’affaiblissement progressif mais continu de la croissance. Pendant les 30 années qui ont suivi la libéralisation, la croissance en France et en Europe occidentale fut proche de 5% l’an. Pendant les 30 années après le premier choc pétrolier, elle ne fut plus que d’environ 2% l’an. Ce fut général en Europe occidentale avec une croissance du chômage dans l’Europe du Sud, dont le taux s’établit environ 4% au-dessus de celui de l’Europe du Nord. Depuis la grave crise de 2008, la croissance est plus faible encore : à peu près 0,4% l’an en France et dans la  zone euro sur les 9 ans de 2008 à 2016.

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Rugby, travail et capital. À qui appartient (vraiment) une entreprise ?

Tous les 15 jours, retrouvez Pierre-Yves Stucki et sa chronique sur la pensée sociale et l’actualité, au micro de Paul Keil sur Radio Jérico.

À partir de la chronique du 9 mai 2017.

Aujourd’hui, nous partons en Ovalie, mais nous n’allons pas beaucoup parler de sport. Il y a bien longtemps que le rugby n’est plus ce sport amateur qui regardait avec consternation les errements du football business. Le professionnalisme est passé par là et les grands clubs sont aujourd’hui des entreprises à part entière, le plus souvent des Sociétés anonymes sportives professionnelles (SASP), un statut très proche des sociétés commerciales classiques, qui permet par exemple de distribuer des dividendes aux actionnaires. Lire la suite…

La lenteur comme avantage concurrentiel ?

Par Jean-Pierre Rosa

Le principe de l’avantage concurrentiel est simple : si je propose un produit innovant et demandé, je détiens un avantage sur mes concurrents. Ce principe fonctionne entre entreprises mais aussi entre États, voire, dans une moindre mesure et lorsque les circonstances y portent, entre individus. Il est particulièrement mis en œuvre – sous sa forme la plus brutale – en temps de guerre. Il est alors source de découvertes techniques et scientifiques accélérées dans tous les domaines. En temps de paix, c’est ce principe qui fait du marché une sorte d’organisme vivant, où les acteurs passent leur temps et leur énergie à produire des avantages concurrentiels, à les maintenir ou à attaquer ceux de leurs concurrents. Entre individus, il est la plupart du temps subi : ce sont alors un certain nombre de capacités humaines qui sont mobilisées : vitesse d’exécution ou de compréhension, adaptabilité etc. Dans le cas du sport, il utilise non seulement les caractéristiques personnelles mais aussi la technique – tant qu’elle est légale et qu’un souci d’égalité entre les concurrents n’est pas venu en réguler l’usage. Lire la suite…

Le revenu universel, un principe en accord avec la DSE ?

Tous les 15 jours, retrouvez Pierre-Yves Stucki et sa chronique sur la pensée sociale et l’actualité, au micro de Paul Keil sur Radio Jerico.

Pierre-Yves Stucki, vous avez regardé les projets des prétendants à la présidentielle…

… et on a parfois quelques surprises, comme celle de trouver une idée ambitieuse portée par des personnalités très différentes, autant de droite que de gauche. Il s’agit du « revenu universel ».

Alors, disons-le tout de suite, ils ne mettent pas tous la même chose derrière les mêmes mots. D’ailleurs, la diversité des appellations trahit la pluralité des approches : revenu universel, revenu d’existence, dividende universel, revenu d’autonomie, allocation universelle, voire même « impôt négatif »…  Pour certains il s’agit tout au plus de fusionner les différentes allocations existantes, alors que le projet vise à la création d’un droit nouveau, prenant la forme d’une somme fixe, versée chaque mois à tout citoyen, de sa naissance à sa mort, quelles que soient ses ressources ou sa situation familiale. Lire la suite…