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Brexit : une nouvelle orientation pour l’Europe

Par Jean-Pierre Rosa

Les sondages se mulitplient à la veille du referendum britannique sur le Brexit. Et donnent le « leave » gagnant. Les bourses plongent un peu partout à cette annonce. Car c’est non seulement une perte économique pour l’Europe et pour la Grande-Bretagne mais aussi le désaveu d’une lente construction et d’une orientation politique.

Bien sûr il ne s’agit ni de se réjouir à l’avance de ce qui resterait, si le vote confirme les sondages, un échec, mais il ne faut pas non plus en rester à une attitude de désolation. Encore moins vouloir continuer à négocier en sous-main.

Mais n’est-ce pas l’occasion de relancer l’Europe sur de nouvelles bases ? Si la Grande-Bretagne, qui s’est toujours présentée comme la championne la grande zone de libre-échange dérégulée, s’en va, cela signifie peut-être que l’euroscepticisme qui prospère un peu partout en Europe plonge ses racines dans un refus constant et profond – y compris chez les Britanniques – d’un monde où la loi du plus fort serait toujours la meilleure et qui est incarné, à tort sans doute pour une part, par la Commission de Bruxelles.

Nous le disions ici même le 19 mai et le 3 février : L’Europe a toujours été marquée par une grande capacité de résilience. Depuis quelques années, elle n’arrivait pas à se réformer malgré les avertissements de plus en plus nombreux donnés par les opinions publiques.

Elle est aujourd’hui au pied du mur. Plus de démocratie, une plus grande place au Parlement, plus de transparence, une régulation plus sévère pour le capitalisme financier, une place plus grande aux préoccupations sociales, et donc une convergence économique et fiscale plus grande tels sont sans doute les grandes lignes d’une nouvelle orientation pour l’Europe. Et une plus garnde générosité vis-à-vis de nos partenaires du Sud. La question de l’immigration et des rapports nord-sud est capitale mais on ne peut l’aborder dos au mur dans un climat de marasme social qui mine les solidarités et engendre la peur.

Sinon ? Sinon le Brexit risquerait bien de n’avoir été que le premier acte d’un gigantesque démantèlement. Ce qui représenterait une perte pour tous : sociaux-démocrates et chrétiens sociaux bien sûr mais aussi néo-libéraux eux-mêmes.

Jean-Pierre Rosa, membre des SSF

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