Non, la catastrophe écologique n’est pas une fatalité

Par Catherine Belzung
Les négociations sur le climat en décembre dernier l’ont bien illustré… Lorsqu’il s’agit de parler de l’impact de l’Homme sur des phénomènes planétaires, stratosphériques, paraissant éloignés et ne se traduisant par rien de concret dans notre vie quotidienne immédiate, l’opinion se divise entre trois catégories de personnes.

Les premiers se sentent impuissants et pensent que de toute façon « c’est trop tard », les seconds choisissent le déni en prétendant que les faits ne sont pas avérés et/ou qu’ils ne sont pas dus à l’Homme et les troisièmes qui croient que l’on peut encore changer les choses, que rien n’est jamais irrémédiable et qui prônent l’action collective pour essayer d’endiguer l’évolution néfaste des phénomènes. Une observation publiée la semaine dernière dans le prestigieux journal scientifique « Science» semble donner raison aux derniers.

De quoi s’agit-il ? Il y a de cela trente ans (en 1985), les scientifiques ont annoncé l’existence d’un trou dans la couche d’ozone apparaissant au dessus de l’Antarctique chaque printemps depuis 1979 et ils ont attribué ce « trou » aux ChloroFluoroCarbones (CFC) et aux halons, des composés très stables qui catalysent la destruction de l’ozone dans la stratosphère. Comme ces molécules se trouvent dans les systèmes frigorifiques, les aérosols et différents solvants, 24 pays (dont la France) ont signé en 1987 le « Protocole de Montréal » visant à réduire la concentration de ces gaz. Et quelles en sont les conséquences ? Les émissions de ces produits ont baissé de plus de 80%, et leur concentration atmosphérique a baissé de 10 à 15% par rapport au pic des années 90. Et sur le trou d’ozone? Il a diminué de 4 millions de km2, et l’on peut espérer une résorption totale à l’horizon 2050.

Ces résultats sont extrêmement enthousiasmants et indiquent que le sentiment d’impuissance face aux graves problèmes d’environnement n’est pas justifié. L’homme n’est pas un être impuissant, errant désespérément dans une planète promise au pire mais il peut agir, changer les choses qui paraissent irrémédiables. Mais pour cela, il faut a) reconnaître l’existence des phénomènes plutôt que les nier, b) agir ensemble.

Par Catherine Belzung, membre du CA des SSF

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